Des personnes près d'une peinture murale anti-américaine sur un bâtiment à Téhéran
Le Pakistan s'employait jeudi à relancer les pourparlers entre Etats-Unis et l'Iran, alors que Donald Trump a menacé la veille de lancer de nouvelles attaques contre la République islamique si Téhéran ne convenait pas d'un accord de paix. Le président américain a toutefois laissé entendre que Washington pourrait attendre quelques jours pour "obtenir les bonnes réponses".
Selon deux sources iraniennes haut placées interrogées par Reuters, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, considère que le stock d'uranium hautement enrichi de la République islamique doit rester en Iran, ce qui marque un durcissement de la position de Téhéran face à l'une des principales exigences de Washington, qui réclame que ce stock de 440 kilos d'uranium à 60% soit transféré hors du pays.
La Maison blanche a rappelé que le sujet du stock d'uranium hautement enrichi iranien faisait partie des lignes rouges définies par le président américain.
"Nous le récupèrerons. Nous n'en avons pas besoin, nous n'en voulons pas. Nous le détruirons probablement après l'avoir obtenu, mais nous n'allons pas les laisser l'avoir", a réagi Donald Trump devant des journalistes, à la Maison blanche.
Le chef d'état-major de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, décidera dans la journée s'il se rend à Téhéran dans le cadre de la médiation, ont dit à Reuters trois sources proches des négociations, alors que l'agence iranienne Isna assure qu'il se rendra dans la capitale iranienne.
Le ministre pakistanais de l'Intérieur était mercredi à Téhéran.
"Nous sommes en contact avec tous les groupes en Iran afin de fluidifier la communication et d'accélérer les choses", a déclaré l'une des sources. "L'impatience de Trump est préoccupante, mais nous travaillons à optimiser le rythme de transmission des messages de part et d'autre."
Six semaines après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile, les pourparlers visant à mettre fin à la guerre n'ont guère progressé, tandis que la flambée des prix du pétrole suscite des inquiétudes quant à l'inflation et à son impact sur l'économie mondiale.
Donald Trump est également sous pression aux États-Unis à l'approche des élections de mi-mandat de novembre, sa cote de popularité ayant chuté en raison de la hausse du prix de l'essence.
S'exprimant devant les journalistes, le locataire de la Maison blanche a déclaré mercredi que la situation était "à la limite" et pourrait s'aggraver rapidement.
"Croyez-moi, si nous n'obtenons pas les bonnes réponses, cela se passera très vite. Nous sommes tous prêts à y aller", a-t-il dit. Alors qu'on lui demandait combien de temps il pourrait attendre, Donald Trump a répondu: "Cela pourrait être quelques jours, mais cela pourrait se passer très vite."
L'Iran a mis en garde contre de nouvelles attaques. "Si l'agression contre l'Iran se répète, la guerre régionale promise s'étendra cette fois au-delà de la région", ont déclaré les Gardiens de la révolution dans un communiqué.
La dernière proposition de paix transmise par l'Iran aux Etats-Unis prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, le retrait des forces américaines des zones proches du pays et le versement de réparations dues au titre des destructions provoquées par les attaques américano-israéliennes.
Le POINT SUR le conflit au Moyen-Orient
LES DERNIERS DÉVELOPPEMENTS (heure de Paris):
18h31 - "Nous le récupèrerons", affirme Donald Trump au sujet du stock d'uranium iranien hautement enrichi. "Nous n'en avons pas besoin, nous n'en voulons pas. Nous le détruirons probablement après l'avoir obtenu, mais nous n'allons pas les laisser l'avoir", dit-il à la Maison blanche.
17h36 - Le coût pour les finances publiques de la France de la crise liée au conflit au Moyen-Orient sera supérieur à la prévision de six milliards d'euros établie par le gouvernement fin avril, prévient le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel.
Lors d'un point de situation à Matignon, il annonce de nouvelles aides ciblées pour faire face à la hausse des prix du carburant, de l'ordre de 710 millions d'euros, ce qui porte le soutien à un total de 1,2 milliard d'euros "pour les travailleurs et les entreprises qui en ont besoin".
17h17 - La Maison blanche rappelle que le stock d'uranium hautement enrichi iranien fait partie des lignes rouges définies par Donald Trump.
"Le président Trump a été clair sur les lignes rouges des Etats-Unis et ne conclura qu'un accord qui donne la priorité au peuple américain", a déclaré Olivia Wales, porte-parole de la Maison blanche, invitée à réagir à la prise de position du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qui considère que le stock d'uranium hautement enrichi de l'Iran doit rester en Iran.
17h06 - Un accord diplomatique entre Washington et Téhéran est impossible si le régime iranien impose un système de péage dans le détroit d'Ormuz, avertit le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
Il a par ailleurs avancé que des représentants pakistanais se rendraient jeudi en Iran, faisant part à des journalistes de signes de progrès dans les discussions avec Téhéran.
"Je ne veux pas être trop optimiste (...). Voyons ce qu'il se passe lors de ces prochains jours."
16h45 - Le président russe Vladimir Poutine a parlé de l'Iran avec son homologue chinois Xi Jinping lors de son déplacement cette semaine en Chine, apprend-on du Kremlin.
Vladimir Poutine a partagé avec le président Xi l'idée de transporter et de stocker l'uranium enrichi iranien en Russie, rapporte le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par l'agence de presse Interfax.
12h32 - Le guide suprême de la République islamique, Mojtaba Khamenei, considère que le stock iranien d'uranium hautement enrichi doit rester en Iran, a appris Reuters de deux sources iraniennes haut placées, ce qui marque un durcissement de la position de Téhéran face à l'une des principales exigences des Etats-Unis.
"La directive du guide suprême, et le consensus au sein de la direction du pays, est que le stock d'uranium enrichi ne doit pas quitter le pays", a dit l'une des sources souhaitant rester anonyme. Transférer l'uranium hors d'Iran rendrait le pays plus vulnérable face à de nouvelles attaques des Etats-Unis et d'Israël, estime-t-on dans les cercles du pouvoir.
Selon des responsables israéliens interrogés par Reuters, le président américain Donald Trump a assuré à Israël que ce stock serait transféré hors d'Iran. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déjà prévenu qu'il ne jugerait pas la guerre terminée tant que l'Iran conserverait cet uranium hautement enrichi.
10h32 - Vingt marins iraniens qui se trouvaient à bord d'un navire saisi par les Etats-Unis au large de Singapour ont été rapatriés grâce à des contacts entre les chefs de la diplomatie iranienne, pakistanaise et singapourienne, rapporte l'agence Irna.
10h27 - L'Iran "répond à un texte envoyé par les Etats-Unis", rapporte l'agence de presse iranienne Isna, ajoutant que la visite du chef de l'armée pakistanaise à Téhéran, prévue dans la journée selon elle, doit permettre de réduire les divergences entre Washington et Téhéran et de faciliter l'annonce officielle d'un accord entre les parties.
09h22 - L'Iran a relancé sa production de drones depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec les Etats-Unis début avril, rapporte CNN en citant deux sources proches des renseignements américains. Les services américains estiment que l'armée iranienne se reconstruit bien plus vite que prévu, ajoute la chaîne d'informations, citant quatre sources.
08h22 - Le chef de l'armée pakistanaise, Asim Munir, va se rendre dans la journée à Téhéran dans le cadre des efforts de médiation d'Islamabad dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, rapporte l'agence de presse iranienne Isna.
07h10 - L'Iran a exécuté deux personnes condamnées pour appartenance à une organisation "terroriste", rapporte l'agence de presse Tasnim.
04h49 - "Nous avons reçu (les réponses) américaines et nous les étudions", déclare le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, cité par l'agence de presse Nour News.
01h45 - Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent considère que la hausse des taux et l'inflation globale sont "passagères" et qu'elles s'atténueront lorsque le conflit en Iran prendra fin.
Le DIRECT de la journée de mercredi
(Reportage de Reuters, rédigé par le bureau de Paris)

2 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer